Dernier matin…

Voilà, c’est bien décidé…Demain je pars !
Mon baluchon est fin prêt et mes papiers sont tous en règle !
Direction Bordeaux, Marseille ou bien pourquoi pas La Rochelle où un trois-mats fringuant m’attend surement déjà.

Oui c’est bien décidé ; je file tout net, je m’évade, j’embarque !
Nous traverserons alors cet océan, tout droit devant nous, sans escale, et Rio de la Plata nous accueillera sur des rythmes magnifiques de samba. Nous y ferons la fête tous ensemble, danserons, et danserons encore, encore et encore, jusqu’au bout de la nuit, parlerons des dizaines de langues oubliées, et puis les oublierons très vite nous aussi…

Et le lendemain, très tôt pour l’appareillage, je monterai tout en haut du mat attendant impatiemment le signal du bosco pour envoyer la grand voile, et larguer nos amarres.

Et nous voilà déjà au cap Horn ! Attention les gars, le vent forci ! Mais nous passerons quand même ! Hardi moussaillon et vaillant capitaine !

Ile de Pâques, Tuamotu, Bora-Bora, et puis toi ma jolie vahiné qui est là, de nouveau à mes cotés.

Alors viens, viens donc maintenant mon amour, car les alizés bienveillants nous pousseront encore plus loin, là où tu verras, les dauphins, et les poissons volants, nous suivront en de joyeuses sarabandes, où le hukulélé rythmera nos folles soirées sur une plage de Moorea, la croix du sud bien plantée juste au-dessus de nos têtes, et une jolie fleur de tiaré accrochée à tes cheveux….

Mais voilà que j’avais oublié tous ces parfums.

Et le tien aussi…

La tête me tourne, et mes yeux s’embuent déjà. Allons ne nous attardons pas, continuons donc notre route car le voyage ne fait que commencer.

Partons maintenant sur les traces de Lapérouse pas tout à fait effacées, et tiens voici déjà Vanikoro et les îles sous le vent, Hiva-Hoa et les Marquises enfin, que nous devinons à peine, ô sublimes paysages, dans la brume épaisse du matin…La brume épaisse du matin…

Mais voici que je les aperçois maintenant. Ils sont là. Tous mes amis merveilleux viennent me chercher. Ils sont si heureux de me retrouver, et souriant tous à pleine dents me tendent leurs mains…

Mais mes braves amis aurai-je encore la force de monter dans votre pirogue couverte de fleurs ? Oui, aurai-je encore ce peu de force demain matin ?

Car demain matin… demain matin et vous le savez bien, est maintenant si loin pour moi. Si loin, mes tendres amis Marquisiens…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s