Vengeance d’une blonde

La Mini Cooper rouge a démarrée en trombe…
Le sang qui avait coulé sur mes yeux m’empêchait de voir distinctement autour de moi.Je devais être dans un fossé et je ressentais maintenant parfaitement l’humidité et le froid.C’était bon signe.J’étais toujours vivante…
Ce salaud m’avait laissé pour morte mais j’étais toujours vivante…vivante…
Et je savais déjà à cet instant que je vivrai assez longtemps pour le retrouver et me venger…Cela ne faisait absolument aucun doute dans mon esprit…

Mémoires d’une Sérial-killeuse

Longtemps je me suis demandé s’il était possible d’être à la fois moche, con et vulgaire…
Depuis que cette mademoiselle Van den Poël-Necken a emménagé au 37 dans l’appartement qui était libre depuis des mois et situé juste en face du mien, j’ai obtenu une réponse à cette question…
Mon dieu qu’elle est moche…! Et conne ! Et méchante aussi…
L’autre jour, je suis certaine que c’est elle qui a rayé la peinture de ma Mini Cooper garée sur le parking…Mais elle ne perd rien pour attendre cette pouffiasse parce que je suis bien décidée à me venger…Elle finira dans un sac poubelle celle là aussi…comme toutes les autres….

Le vilain petit Canard…

                    CHAPITRE UN

Vous n’allez peut-être pas le croire mais ce matin nous avons trouvé un nouveau-né que quelqu’un avait déposé en douce sur les marches du perron…
Bien joli, tout joufflu et qui braillait comme un putois. C’est Simone qui l’a vu en premier le bout de chou. Simone de Beauvoir qui porte vraiment bien son nom celle-ci, car rien ne lui échappe, elle a comme qui dirait son oeil partout la Simone !
On est tous venu le voir ce petiot qui beuglait et on est même resté un moment comme cela, à l’observer sans bouger et surtout sans rien dire, ce qui n’était vraiment pas dans nos habitudes de la boucler ainsi. Puis Mussi et Busso lui ont fait des vilaines grimaces pour essayer de le distraire un peu le marmot. De vrais clowns ces deux là…! Mais ils ont eu beau faire nos deux Zavatta, rien n’y a fait, et il continuait à gueuler et à se tortiller dans tous les sens le petit ver de terre, alors madame de LAFAYETTE a demandé à Francoise DOLTO si elle avait une solution pour qu’il la mette un peu en veilleuse quand même.
« Non…! J’en ai plus rien à foutre maintenant des gosses… Qu’il crêve celui là tiens…! » qu’elle a répondu. Et on n’était pas beaucoup plus avancé avec ça…
« Mais s’il avait tout simplement faim…? » qu’a sorti RABELAIS en se frottant la panse. Et là c’était pas con…
Alors Marguerite YOUCENAR s’est proposé spontanément pour lui donner le sein. C’est vrai qu’en matière de nibards elle se pose là l’ancienne et SADE, le marquis un peu déluré et qui ne rate jamais une occasion de mater, lui a dégrafé son corsage, et ensuite lui a présenté le vieux téton ratatiné au gamin qui s’est jeté dessus comme la pauvreté sur le monde.
« Mon dieu… qu’a dit ZOLA en chaussant ses lorgnons sur son pif pour mieux profiter lui aussi du spectacle… Comme c’est beau d’avoir faim… ! »
Au bout d’une bonne heure, il s’est tout de même arrêté de téter, bien rassassié maintenant notre p’tit bonhomme. L’Amélie NOTHOMB qu’est sympa comme pas deux nous a refilé gracieusement l’un de ses grands chapeaux ridicules pour en faire un berceau confortable, et ensuite, le père BUKOWSKI, qui sortait du bar en compagnie d’HEMINGWAY, lui a chanté l’une de ses comptines dont il a le secret pour qu’il s’endorme tout à fait notre petit lascar…
« Je pète, je rôte, et je vomis, et puis voilà que… je crotte aussi ! Ma petite crevette… Ma petite salope…! »…

                                                    Chapitre deux

Les mois et les années ont passé. Et aujourd’hui, il a presque trois ans déjà le trublion.
C’est Jeannot, pardon, excusez-moi…je voulais dire Jean D’Ormesson, qui lui apprend à lire et à écrire tandis que Jean-Jacques ROUSSEAU le ballade en poussette dans le parc de la résidence en lui citant tous les noms des petits oiseaux. Il est doué ce gamin, et a déjà fait ses premières gammes en composant deux ou trois petits poèmes bien enjoués. Toutes les dames l’adorent et se le disputent, monsieur PROUST, qui l’aime bien aussi, lui a même refilé son grand lit et ses oreillers de plumes…
Mais celui qu’il préfère le plus parmi nous tous le gamin il faut vous avouer que c’est papy Jules VERNE. Il ne le quitte pas d’une semelle, et le vieux est très fier de ça et en devient complètement gâteux de ce bambin surdoué. Il lui a même construit une montgolfière en papier et un trés joli sous-marin bleu pour s’amuser dans son bain.
Le père DUMAS s’est laissé attendrir aussi et lui a taillé une petite épée dans une branche d’olivier piquée dans le jardin à PETRARQUE…
« Plus tard si tu rentres à l’académie mon petit… Tu verras il t’en faudra une bien plus jolie… en or et avec des diamants partout… »

                                                   Chapitre trois

Quelques années encore ont passé depuis… Notre protégé a beaucoup grandi et va bientôt sur ses quinze ans… D’ailleurs c’est demain très exactement… Alors pour fêter ça, on a décidé d’organiser une fête et puis d’en profiter pour lui donner enfin un nom et un prénom à ce chérubin, ce qui n’avait pas encore été fait jusqu’à présent. Le comité de relecture au complet s’est donc réuni et a du choisir parmi les propositions des unes et des autres. Cela n’a pas été vraiment facile mais finalement on a tout de même trouvé quelque chose de très bien et qui surtout plaisait à tout le monde :
« Mowgli Chéri qu’on va t’appeler et… tu seras un homme mon fils ! »
Rudyard était forcément content… Et puis tous les autres aussi…
Mais c’est à partir de ce moment que cela s’est gâté…
Notre petit Mowgli, bien sage jusque là, a commençé à changer, plus du tout le même à vrai dire. Il devenait de plus en plus arrogant, ne disait plus bonjour à personne, et crachait même par terre en jurant. On ne le reconnaissait plus notre charmant loupiot… Et puis surtout, il a commencé à écrire toutes ses horribles choses sur nous… Des critiques littéraires qu’il appellait cela… Mais comme si on en avait vraiment besoin nous d’avoir des critiques… ! Devenu un sacré pinailleur maintenant notre Mowgli, le voilà qui passait des heures et des heures à éplucher tous nos textes en long et en large, à compter nos vers les uns après les autres, à étudier les rimes, et la densité du contenu, et la syntaxe, et que sais-je encore… Bref… rien n’était assez bon pour lui !
« Et vous avez cette vanité de vous prétendre écrivains avec des textes pareils… ?! Mais mes pauvres amis ce ne sont là que des ramassis de phrases mornes, ennuyeuses, sans aucun intérêt, et de surcroît truffée de fautes d’orthographe… ! Bon… Qui est dans la Pléïade ici… ? Qui… ? Allons levez les doigts que je vois ça… Quoi vous aussi Paul VALERY… ?! »

Alors, finalement, on a fini par le foutre dehors avec un bon coup de pied au cul ! Retour à l’envoyeur ! Seul le vieux HUGO a versé une petite larme, mais sous ses apparences, c’est quand même un grand sensible notre barbu, il faut toujours qu’il chiale, pour un oui, pour un non.
Et puis ensuite, on l’a vite oublier… ce petit mariole…

AZERTY mon ami…

( Il est cinq heures moins le quart, un lundi matin comme les autres… )


Bon, c’est la dernière fois que j’te le dis !
Maintenant, cela suffit mon vieux… !
Et ne fais pas ces gros yeux, et encore moins ta bouche d’étonné, en « O » majuscule, avec un accent circonflex par le dessus ; c’est fini que je te dis !
Fini les vacances, va falloir te sortir le doigt du « Q »… ! Quoi… ?! Comment ça tu es choqué ? Je suis vulgaire, moi ?! Et toi tu t’es vu ?! Plat comme une limande et couvert de boutons !
Allez au boulot petite fainéasse ! Regarde donc, tu as vraiment tout ce qu’il faut pour réussir ; des voyelles, une bonne dizaine, et des consonnes encore plus, en tout cas largement de quoi faire de bons mots, et puis de jolies phrases ensuite… Je m’occuperai si tu veux de nos retours à la ligne… Mais, pour la syntaxe, je te fais entièrement confiance, tu as été formé pour ça, toi, et pas moi, d’ailleurs cela m’a toujours gonflé, la syntaxe !
Allez, commençons tout de suite… !
Mais pourquoi tu pleurniches maintenant ?! Qu’est-ce qui se passe encore ? Comment ça je suis nul ? Pas d’inspiration moi ?! Mais tu te fous de ma gueule, ou bien quoi ?! Veux-tu donc que je te montre tout ce que j’ai déjà écrit ?
Comment ça ce n’est pas bon ?!


( silence… je me sers un café noir… )


Bon… Allez… Entendu, on va tout reprendre à zéro…
Mais bien sur que si, tu l’as le zéro ! Regarde donc mieux, là, tout en bas de ton pavé numérique !
Ok… S’il faut vraiment que je te mette les points sur les « i »… Je vais te dire moi ce qui ne va pas entre nous… Déjà, cela commence dès le matin vois-tu… Rien… Absolument rien… pas un encouragement de ta part… Pas même un sourire… Et pas le moindre son… Merde, ça te couterais quoi après tout, un petit « bizzz » ,ou même, je ne sais pas moi, un simple petit « kouic-kouic » ?! Mais non, rien ! Monsieur fais la tronche à chaque fois ! Alors dans ces conditions, comment veux-tu que je sois inspiré, moi ?!
Désolé, mais tu vois, faudrait m’aider un peu ! Est-ce que tu as déjà entendu parler du syndrome de la page blanche, espèce de gros malin ?! Hé bien moi je pourrai t’en causer si tu veux…


( Un led vert se met à clignoter sur le coté… )


Oui, quoi… ? Qu’est qu’il y a encore ?
Une mise à jour ? Mais tu sais que tu commences à me gonfler avec toutes ces mises à jour ?! Est-ce que tu vas redémarrer cette fois, ou pas ?! Comment ce n’est pas cela que tu voulais me dire ?
…Hein…? Tu… tu quoi.. tu m’aimes ?! Toi, tu m’aimes ?! Tu me dis que tu aurais le culot de m’aimer ?! Arrêtes tes conneries, s’il-te-plaît ! Oui, quoi mes doigts ? Mes deux index ? Tu adores mes deux index lorsqu’ils te tapotent tout doucement ?! C’est quoi encore que cette blague ?! Oh, mais je t’en foutrai moi de l’amour, et puis aussi de la sensualité entre nous ! N’importe quoi… !
Ah bon… Tu crois vraiment… ?! C’est peut-être cela qui nous manquerait ? De l’amour… de l’amour… encore et toujours ? Tu vois je n’y avais jamais pensé ; mettre un peu d’amour entre les mots ! Mais, pourquoi pas, et si tu avais raison après tout… Alors, essayons voir tout de suite si ça marche… ! Allez, on s’y met maintenant mon vieil ami, mon vieux clavier adoré !
J’avais, un cher, un tendre ami, Azerty…

Un jour…

On m’refilera le Goncourt, et pt’ête même l’Renaudot…
J’gagnerai tous les concours, j’tirerai le bon numéro
J’serai pote avec Houellebecq, et l’Amélie Nothon
Et l’on descendra cul sec, du dom Pé, et puis du bon
Invité chez Pivot, qui me mangera dans la main
Causerai d’Hugo, d’Kundera, et d’Jean-Christophe Ruffin
Verrez que tous mes bouquins s’ront en tête de gondole
j’aurai de la chance… ô putain oui, j’aurai vraiment du bol !

J’écrirai à la une pour m’sieu olivier Nakache
On me filera d’la tune, et la moitié en cache
m’ferai mon cinoche, avec la Juliette Binoche
Aurai plus l’air d’une cloche, je s’rai plus jamais moche
au festival de Cannes, on m’remettra la palme
Et dans la salle mes fans qui tous m’acclament
Sur le canap’ à Drucker, assis tous les dimanches
Pourrai m’la jouer pépère, m’donnera carte blanche !

Je biserai la Dombasle, et la meuf au président
A tous les coups j’emballe, avec mes nouvelles dents
J’serai tout bronzé, tout le temps, même en hiver
Et faudra me payer cher pour sourire, pour avoir l’air
Promènerai ma panthère, et un tas de mannequins
Sur toutes les mers, d’Monac à Saint-Martin
J’me défoncerai à la came, en snifferai des tonnes
et j’partirai en flamme… enfin ça sera tout comme !

Et puis un jour viendra, seul, alcoolo, paumé
M’restera plus qu’mes deux yeux pour pleurer
Rendrai les clés de l’Astonne, et puis l’argent du beurre
j’attendrai que ça sonne, qu’on m’renvoi l’ascenseur
Mais au phone, plus personne, et de ça j’en ai peur
Seul, alone, trainerai ma pomme, aux restos du coeur
J’aurai eu du succés, un max de blé, ma part du gateau
Alors faudra pas trop qu’tu te plaignes… mon coco !

Manque plus qu’à trouver l’air… Quelques notes de musique…

De quoi t’as l’air…?

Rêves d’amies mannequins que toutes les nuits j’espère…
j’espère…
Rêves de paradis lointains ou bien d’une vie pépère…
pépère…
Un cauchemar malsain qui dérape et dégénère…
dégénère…
Teint blafard au pt’it matin dans les vapes légères…
Les vapes si légères…de ma jolie théière…

(Refrain) :

Ma couette en plumes de canard
Mon pyjama c’est du Damard
Bien chaud tricoté dans l’mohair
Mais Regardes toi…
Bon sang de quoi t’as l’air ?!
Regardes toi…Bon sang de quoi t’as l’air ?! (bis)

La nuit qui porte conseil, m’a refilé le nom l’adresse…
l’adresse…
D’une beautée surranée, d’une sacrée tigresse…
tigresse…
Drôlement bien gaulée et pleine de promesses…
promesses…
Me voilà bien décidé, je file a tout’ vitesse…
Oui à tout’ vitesse…ma triste princesse…

(Refrain…)

Devant sa porte blindée, me suis bien cassé l’nez…
cassé l’nez…
Pas la peine d’poireauter, déjà trop tard envolée…
envolée…
Me vl’a vite retourné aux plumes m’recoucher…
m’recoucher…
Pas du l’écouter, mes voeux s’ront jamais exaucés…
Non jamais exaucés…mon amour ma poupée…

(Refrain…)

Rêves d’un monde meilleur, une vie de superstar…
superstar…
Mais ne suis qu’un veilleur, un vilain couche-tard…
couche-tard…
Insomnies de malheur, une sale mine d’avatar…
d’avatar…
Tous les matins rêveur, à moitié dans l’coaltar…
Moitié dans l’coaltar…et la gueule à Gainsbard !

(Refrain…)

J’en ai bu des tisanes, et gober des médocs…
des médocs…
Le réveil toujours en panne, une véritable loque…
une loque…
Pas l’temps de fumer d’gitane, ou d’enfiler un froc…
un froc…
Ni même de faire mes gammes, fini pour moi le rock
Fini pour moi le rock…fini pour moi le rock…
Oui c’est fini pour toi vieux schnock…!

Recette du lapin au gaz moutarde (Ou à la prussienne)

Saississez-vous d’un jeune lapin de trois semaines
Que vous enlèverez sans ménagement
A ses parents, amis, femme, enfants
En lui fredonnant la Marseillaise…
« Formez vos bataillons…et cétéra et cétéra… »
Vous verrez alors que cela le rassurera…

Puis abattez-le
Sans cérémonie aucune
D’une balle dans la nuque
Pendez par les guiboles
Avec des barbelés
Saignez ensuite avec un schlass
Eventrez proprement à la baïonnette…
Et puis retirez ses tripes
A mains nues…
N’oubliez pas le coeur
Que vous réduirez en bouillie.
Sur la peau, tirez fort vers le bas
Elle viendra…
Réservez-vous une patte
La mettrez dans vot’poche
Elle vous portera bonheur !

Enterrez peau et boyaux
Dans la gadoue
Une jolie croix en bois
Avec le p’tit Jésus par dessus.
Le plus dur est fait…
Rajoutez quelques épices
De la sueur
Des larmes et du tourment…
Une poignée de grenades, de la roquette,
Et comble du raffinement,
Un bel obus de 75
Qui brille et qui péte…!
N’oublions pas la lampée d’sarin
Qui nous donnera du parfum…

Puis laissons bien mijoter
Quelques années…
Dans une grosse gamelle en fer blanc
Sur la flamme vacillante
D’un briquet d’poilu
Ou de not’pov’ soldat inconnu…
Un lourd couvercle
Bien posé sur l’dessus !

Pendant ce temps
Dressons donc la table
N’hésitons pas à rajoutez des assiettes
Plus on est de fous plus on s’amuse…
Pour la déco de table
C’est imbattable…
De la convention de Genève
Nous ferons quelques confettis…!

Et bien voilà…Bon appétit !

Le petit Poucet…

Le lieutenant Columbo n’en croyait pas ses yeux fripés de cocker… Les huit cadavres étaient pourtant bel et bien là devant lui, soigneusement alignés par ordre de taille… Le père tout d’abord, puis la mère suivie de ses six enfants, du plus grand au plus petit. Il manquait simplement le dernier dans la mare de sang déjà coagulée. Et pour cause, d’après les premiers constats il n’y avait aucun doute ; c’était surement lui qui avait fait le coup…
— On va le retrouver ce p’tit enfoiré… On va le retrouver ça vous pouvez en être certain Barnaby !
Car Barnaby était là aussi. Pour cette affaire hors du commun on avait appellé du renfort d’un peu partout.Et devait pas rester grand monde au 36 quai des orfèvres ou bien à Scotland Yard. Même cette grande folle dingue avec sa chapka constamment visée sur la tête avait fait le déplacement pour voir ce massacre. Le célèbre Sherlock Holmes relevait déjà des indices précieux…
— Chausses du 36 le saligaud… ! Very funny but it’s not usual du 36 pour un serial killer !
— Mais… N’est-ce pas normal à dix ans et demi… ?!
— Ouais… Perhaps…
On avait fait venir des chiens aussi.
Toute une floppée qui vous reniflaient dans tous les coins en remuant frénétiquement la queue. Des bergers belges malinois qui sont toujours les meilleurs pour cela, et tous les spécialistes des chiens-chiens à sa mémère seront entièrement d’accord là dessus. Très intelligents les bestiaux, et bien souvent beaucoup plus que leurs maîtres d’ailleurs d’après les statistiques…
— Chef… L’est surement parti par la forêt… ! Je crois bien que les chiens ont flairé quelque chose…
Nous voilà donc qu’on se barre tous aussi sec et à fond de train dans les bois. Et dans la cabane reste plus que deux ou trois sbires, tout habillés de combinaisons blanches et qui passent des grandes serpillères humides sur le parquet pour nettoyer toute la scène de crime.
Dans la forêt profonde, les gars décident de faire une pause car cela fait déjà trois bonnes heures que l’on courre ainsi, à en perdre haleine, derrière ces putains de clébards. Maigret s’allume une pipe, Barnaby sort sa fiole de whisky old Glenmore et Sherlock son violon pour nous jouer une sérénade tandis que cap’tain Marleau pisse debout derrière un arbre recouvert de mousse.
— Vous croyez qu’il a déjà réussi à passer en Suisse ?
— Possible…
Le chocolat étant très certainement le mobile du crime –on avait retrouvé des boulettes de papier d’alu qui emballe les Kinder-surprise disséminé tout le long du sentier– fallait donc bien se douter que le gamin chercherait forcément à se planquer là-bas, pays de cocagne de la chocolaterie s’il en était.
— Galope drôlement vite ce salopiot… ! Merde… Ils ont la santé à c’t’âge là ! S’il ralentissait un peu la clope maïs le commissaire Bourret cracherait peut-être un peu moins ses poumons aussi…
Vl’a qu’on repart. Faudrait se magner le rondin parce qu’il ne va pas tarder à faire nuit maintenant.
— Z’avez pas entendu… ?
— Quoi… ?
— …Les loups… ! Pas entendu les loups qui hurlaient là… ?!
Canis lupus… Le loup gris commun d’europe…
Notre ami Sherlock, il ne peut jamais s’empêcher de ramener sa science à tout bout de champ. Il en deviendrait presque chiant à force.
Finalement on s’est arrêté dans une petite auberge qui était située au beau milieu d’un clairière. Recommandée par le guide du Routard ce qui ne gâchait rien. L’établissement, tenu par un vieux couple très propres sur eux, ne payait pas de mine mais on a bien bouffé quand même. Et on a bien picolé aussi. Peut-être même un peu trop pour certains car ça s’est terminé en bagarre générale juste aprés le dessert… Columbo qui saignait fort du nez a fini par sortir son flingue, un remington calibre 38 avec une crosse en nacre véritable qu’est toute jolie, et nous a tiré une salve en l’air pour que le calme revienne. De vrais gamins.
Ensuite, on est tous allés se coucher dans le foin. Ça grattouille un peu quand on n’est pas habitué mais on s’y fait assez rapidement surtout lorsque l’on est bien crevés comme nous l’étions. Un sacré roupillon que l’on s’est payé même parce le lendemain matin à neuf heures personne n’était encore debout. Il est vrai que dans notre boulot on a rarement le temps de faire la grasse mat’ alors on en a profité un peu. Et puis l’air de la campagne nous avait fait du bien à tous, qui sommes le plus souvent enfermés dans des bureaux à taper des rapports criminels ennuyeux au possible. Alors c’était l’occasion ou jamais de décompresser un peu.
Bref… On s’est remis en route vers quinze heures, quinze heures trente, après avoir petit-déjeuné et déjeuné dans la foulée. La patronne de l’auberge nous avait préparé une daube aux morilles, qui était sa spécialité, et il aurait été idiot de ne pas en profiter.
Dès le début, on a vu tout de suite que les chiens n’avaient plus du tout la gnaque… Ils commençaient à en avoir plein les pattes surement. Nous aussi, quelque part.
Alors, comme les pauses devenaient de plus en plus nombreuses et longues, le commissaire Navarro, qui était le plus âgé d’entre nous mais aussi le plus ancien dans le grade le plus élevé, a décidé de tout arrêter. Mais à vrai dire un peu la mort dans l’âme tout de même parce que c’est malgré tout un sacré professionnel le père Navarro quoi qu’on en dise dans le télé Z de la semaine dernière.
— Bon… Je crois qu’on va laisser tomber les gars… Parce que sur la tête de ma mère, la vérité que ce n’est pas humain de faire endurer ça à ces pauvres chiens… !
Un bus bien climatisé est venu nous chercher rapidement pour ne pas avoir à se retaper toute la traversée de la forêt profonde. Sur le retour on a chanté tous en chœur « Plus vite chauffeur ! » et l’ambiance était vraiment au top. Sherlock a joué de son instrument et la Marleau, qu’est pas bégueule pour un sou celle-ci, nous a fait un stripe dans les règles de l’art. Alors vrai que l’on s’était bien marré, et comme a dit Barnaby, lui qui se fait toujours drôlement chier à la maison avec sa femme qui n’en rate pas une pour lui casser les pieds, pour ne pas dire autre chose de beaucoup plus vulgaire ; —il faudrait que l’on recommence l’expérience plus souvent non… ?! »
Retour donc à la cabane sanglante en fin de journée où pendant notre absence, les petits gars de la propreté scientifique avaient bien bossé, et tout nettoyé du sol au plafond. Sur qu’on y voyait beaucoup plus clair maintenant dans cette histoire. Et surtout qu’ils avaient finalement retrouvé le petit criminel bien caché dans un placard à balais…
— L’aurait fallu peut-être mieux fouiller le baraque… qu’a sorti l’inspecteur Harry que l’on n’avait pas entendu encore jusque là mais qui cause pas très bien le français non plus, il faut dire.
Le petit chose de mes deux a avoué tout de suite ses horribles crimes ce qui nous a permis de gagner pas mal de temps pour résoudre l’affaire surtout que l’on était un vendredi soir, et qu’évidemment personne ici n’avait envie de faire des heures sup’ une veille de week-end. On a tout de suite fêté ça comme de bien entendu en ouvrant quelques bonnes bouteilles de champagne millésimées que l’on a trouvé dans la cave et où il y avait également un ogre qui se planquait bien dans le noir, et depuis pas mal de temps…
Mais ceci est une autre histoire…

Trés librement inspiré du conte… Et texte proposé également dans un défi d’écriture (Babelio.com) mais n’ayant pas rencontré beaucoup de succès non plus…

Rendez-vous dans trois jours à Nagasaki

Bobo bobo bombinette !
Ma jolie bombinette !
Bobo bobo ça brûle, ça pète !
Ma peau bobo...En lambeaux...
Mes yeux cramés...En fumée...
Bobo bobo bombinette
Ma jolie bombinette !

Refrain :
Hiroshima c'est si glamour !
Et Nagasaki vaut bien un détour...
Bobo bobo mon amour
Qui brûlera pour toujours
Toujours...Toujours...

Bobo bobo bombinette !
Ma jolie bombinette !
Bobo ça fûme, ça craquette !
Mes oreilles...Bobo...En morceaux...
Mon coeur vidé...Allumé...
Bobo bobo bombinette
Ma jolie bombinette !

Refrain...

Bobo bobo bombinette !
Ma jolie bombinette !
Bobo ça hurle, ça crie arrête !
Mon nez...Bobo...En flambeau...
Mes pieds...Gonflés...Boursouflés...
Bobo bobo bombinette
Jolie bombinette !

Refrain...

Bobo bobo bombinette !
Ma jolie bombinette !
Bobo ça souffre, ça fait carpette !
Mes mains...Bobo...En carpaccio...
Et ma tête...Pirouette...
Et ma tête...
Pirouette...
Pirouette...
Jolie bombinette...
Jolie bombinette...

Mur

Mur

Le mur en béton du haut de ses six mètres
dictait sa loi.
On le mit à terre avec fracas…
Et sur ses gravats
On a dansé des sarabandes insensées
Sur des airs fous de violoncelle…
Quelle joie !
On a crié : « liberté…Liberté…! »
Et l’écho nous répondait :
« Berliner…liner…liner…! »
Alors Unissons-nous,
et des deux cotés,
Marteaux et burins dans chaque main,
Démolissons une fois pour toutes,
Tous ces vilains murs en parpaings
qui nous veulent tant de mal…

NdA : Je hais les bétonnières !