Chèque-vacances

Payer ses dettes un jour de canicule…

Par ces temps qui courent
Où l’on rêve de tout, de tout
Et surtout d’pistoches municipales
Allez au diable bon’dieu d’cigales…!
Plutôt qu’un long discours
Recevez ce chèque, les zazous
De deux cent cinquante balles
Je crois qu’c’est déjà pas mal…!

Mona Lisa

Deux textes proposés pour répondre à un concours (fumisterie…?) sur le thème de MONA LISA (400 caractères maximum).

Ce soir Lisa, je t’ai apporté ces fleurs sauvages, délicates et diaphanes, cueillies ce matin sur un chemin de Toscane. On les nomme fumaria… T’en souviens-tu Lisa ?

Te souviens-tu aussi de ce petit chemin brumeux et de ce pont romain sur lequel, timidement, je t’ai embrassée pour la première fois ?

Nous étions si jeunes, à peine 16 ans pour toi, et guère plus pour moi. Tu as souri… Comme aujourd’hui… Ma Dona tu étais si belle dans cette robe rouge…Bien des années ont passé et si les vernis ont craquelé, si le ciel s’est assombri derrière toi, ton sourire merveilleux lui est toujours là… Intemporel et tellement délicieux… Ô mon coeur, une larme à tes yeux ?

Le parfum des fumaria ou bien l’émotion de me revoir…?

Le second…

Joconde, ma Gioconda… Tu fais bien ta maligne à regarder passer le monde entier derrière ton plexiglas à l’épreuve des balles… Imperturbable, tu restes toujours de glace… Mais j’ai le sentiment que lorsque tu m’apercevras, sacrée gamine, alors ton sourire éclatera et tes jolies dents nacrées enfin l’on pourra deviner… Lisa, ma Florentine… Cette fois je peindrai tes jambes, puis dans un nuage de fumée dont j’ai toujours le secret, ensemble nous quitterons ces lieux… Et tiens… Pourquoi pas en hélicoptère ? Tu verras cela devrait te plaire… !

Cette nuit encore…

Elle veille, épie, surveille
Chaque nuit dans mon sommeil
Rôdeuse macabre qui sans bruit
Donne encore plus de sens à ma vie
On la devine, tapie dans l’ombre
Qui sans pitié, de remords ne s’encombre
Mon souffle, ma vie entre ses mains
Attends toujours patiente, jusqu’au matin
Que j’ouvre les yeux, et lui dise enfin
— Bonjour la mort et à demain… !

Bonne nuit à tous …! et à demain…peut-être…!

Dans les brumes matinales

Dans les brumes matinales d’un vil et insipide azur
Montent sourdes et furieuses les clameurs
« A mort…à mort ! A mort l’usurpateur ! »
Un homme, seul et bâillonné, sur le bûcher incandescent
pleure ses dernières larmes sur son triste tourment
car toutes les cloches, et ce glas, qui résonnent
annoncent à l’unisson cette fin en somme
de la culture, du savoir et de l’instruction
Tandis qu’à l’horizon, derrière les tours noires de Bab el Lion
Sur de sombres destriers endimanchés, ses bourreaux abscons
chevaliers servants et vaillants, et bien souvent aussi très…bons…
s’éloignent déjà, rejoignant de bien lointaines contrées
et de vastes royaumes encore inexplorés de la médiocrité…

Texte écrit pour remettre les pendules à l’heure…A vos montres !

Si la poésie était une arme…

Ah si la poésie était une arme…
Je vous lancerais des piques qui piquent
je distribuerais aussi des claques qui claquent
et puis de beaux estocs qui choquent…Et toc !
Ah si la poésie était une arme…
Je vous tiendrais alors par la barbichette
Et nom de Dieu ce que cela serait chouette !
Ou peut-être bien par la peau du cul…
mais seulement si j’avais un peu trop bu !

La petite sirène…

Texte écrit en septembre 2019 pour le défi d’écriture du mois sur Babelio.com.

Librement inspiré d’ANDERSEN…

Pas facile de vivre avec une queue de poisson.
C’est ce que je me dis tous les matins en regardant cette putain de nageoire caudale…
Papa, qui écoute en boucle « la mer qu’on voit danser… » dans une conque, m’a dit que je pourrais me faire opérer mais je devais attendre d’avoir mes dix-huit ans révolus. C’était la loi.
En attendant je passe mes journées entières sur un rocher, et je me fais drôlement chier. J’ai les glandes quoi… !
Papa encore , qui sent fort la poiscaille comme tout le monde ici, m’a dit également que je risquais fort de le regretter ensuite, car je serais obligée de partir vivre là-haut si je me faisais greffer de vraies jambes. Et là-haut ce n’était pas la même limonade : ils avaient leurs propres lois, et beaucoup plus sévères qu’ici. Aucun écart possible, fallait toujours bien marcher droit dans ce monde d’en dessus.
— Gaffes… ! Si t’ondules trop du cul, tu verras qu’ils te remettront vite fait dans l’axe, ma gamine !
Maman, qui a toujours un oursin ou deux dans la poche, pense aussi que ce n’est pas une bonne idée cette opération. Elle m’a raconté l’histoire d’Arielle Dombasle qui avait sauté le pas il y a quelques années de cela et qui voudrait bien revenir avec nous aujourd’hui. Mais il est trop tard… Aucun retour en arrière n’est possible malheureusement…
Tatie Brigitte, qui fait beaucoup moins que son âge à cause des omégas trois, et les quatre aussi, que l’on retrouve dans l’huile de foie de morue, m’a donné une autre solution pour avoir des guiboles sans être obligée d’attendre d’avoir la majorité :
— Trouve-toi donc un mec là-haut ma p’tite, un pigeon qui voudra bien t’épouser, et alors le charme agira… Ce n’est pas plus compliqué que ça !
Et c’est ce que j’ai fait…
Des types qui boivent la tasse et qui se noient, y’en a plein la mer en ce moment, je n’avais vraiment que l’embarras du choix. Et le premier que j’ai chopé il a dit oui tout de suite à ma proposition. Faut avouer que quand tu ne sais pas nager du tout et que la premier rivage est à plus de 150 miles nautiques tu n’as pas tellement envie de faire le difficile… !
Lorsque nous avons débarqués tous les deux, sur la plage de Lampédusa, avec Moktar, ils faisaient drôlement la tronche les autochtones du coin. Et pas tellement à cause de ma queue en écailles ou bien de mes jolis nichons toujours à l’air libre, non ça d’ailleurs ils ont plutôt bien aimé au contraire les douaniers, mais parce que soi-disant on n’avait pas de papiers en règle… Je vous dis pas ce qu’ils ont pu nous emmerder avec ça ! Enfin bref après plusieurs mois passés dans un camp insalubre, entassés comme des sardines, on a quand même pu repartir vers une vie bien meilleure. J’avais toujours ma queue qui m’handicapait pas mal, mais surtout, j’ai du enfiler un soutien-gorge pour être un peu plus tranquille sur la route. Quant à mon Moktar, il n’avait qu’une seule idée en tête : rejoindre son cousin Ahmed en Angleterre pour bosser avec lui dans son boui-boui qui vous proposait des kebabs avec des tas de sauces différentes à mettre dessus. Alors on a pris la direction de Calais, bras-dessus, bras-dessous. Mais ce n’était pas la porte à coté. Surtout que l’on a un peu traîné en route… Moktar il râlait tout le temps, parce que monsieur était pressé, mais moi je voulais quand même profiter un peu du voyage. Comme j’ai insisté, on a tout de même visité Rome, Florence et puis Vintimille aussi. Enfin surtout Vintimille je dois dire… C’est là que nous avons galéré le plus pour trouver un passeur honnête. Comme Moktar n’avait pas économisé assez d’argent pour payer notre passage à tous les deux, il a bien fallu que l’on s’arrange comme on pouvait. Enfin cette fois, c’est surtout moi qui ait du m’arranger pour le coup… Mais je vous passe les détails, le sordide n’ayant pas sa place dans ce conte.
Ensuite on s’est retrouvés en France.
C’est un beau pays.
C’est là que j’ai demandé à Moktar de tenir ses engagements et de bien vouloir m’épouser maintenant que l’on avait des faux papiers bien réglementaires qui, entre parenthèses, nous avaient coutés pas mal de pognon encore, et à nouveau quelques sacrifices de ma part. J’avais hâte maintenant que le charme agisse comme l’avait promis Tatie Brigitte. Mais ce con a refusé, soi-disant qu’il avait déjà deux autres femmes au bled et qu’une de plus, même bien gironde comme moi, cela allait lui faire trop à entretenir ! Bref… On s’est un peu fâchés parce que je n’aime pas tellement que l’on me baise et que l’on me roule dans la farine après. Alors finalement, il est parti tout seul de son côté, et moi du mien…
C’est à Nice, Clinique des Palmiers, qu’ils m’ont opérée un mois plus tard. Inutile de vous dire que j’ai pas mal dégusté et cela malgré toute la morphine dans les seringues. Le chirurgien était trés fier de lui car mes nouvelles jambes, qui appartenaient auparavant à une danseuse du Crazy-Horse passée sous un TGV qui n’était pas arrivé du tout à l’heure une fois de plus, étaient absolument parfaites. Quand ils m’ont enlevé les bandages, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer comme une madeleine… Ô nom d’un rémora… ! Que c’est beau une paire de guiboles qui fonctionnent bien ! J’ai fait mes premiers pas dans le parc de la clinique, sous les flashs des photographes venus pour l’occasion, du monde entier. Je faisais la une des journaux à ce qu’il parait. J’ai reçu des milliers de lettres de sympathies. Même Donald Trump m’a écrit. Et le pape aussi.
Deux mois après, je l’épousai mon chirurgien. Il est très gentil Raoul. Et bientôt à la retraite, comme cela on pourra bien profiter de la vie tous les deux ensemble.
Je me suis mise à la course à pied aussi. Forcément un rêve que j’avais depuis bien longtemps. Des ultras-trails, c’est ce qu’il y a vraiment de plus difficile dans la discipline. Et puis j’accumule les paires de chaussures. Des Louboutin surtout, j’en ai déjà des tonnes, plein mon dressinge. La vie est belle quoi…
Mais des fois je vais au bord de la mer, toute seule, et là, les deux pieds bien tanqués dans le sable, je pense à papa, et puis à maman aussi… et parfois même à ma tatie Brigitte, qui m’avait pourtant raconté que des conneries…