Pour qui, cochonne… le gras ?!

Là, je reviens d’un enterrement.
Et si un enterrement n’est jamais une partie de plaisir, il l’est encore moins un dimanche à un horaire aussi matinal. En toute honnêteté, je serais bien resté au plumard un peu plus longtemps.
J’ai, et depuis toujours, un drôle de rapport avec la mort. Mais surtout avec celle des autres, parce qu’en ce qui concerne la mienne, je suis curieusement beaucoup plus serein et détendu. Pour tout dire ; je m’en fous même un peu pour l’instant.
Je crois que le Monde est devenu fou. Fou. Totalement fou. Dingo le Monde…
J’allume ma téloche. Des types se battent à mort dans un supermarché pour un rouleau de PQ… je change de chaîne. Une dame, à la coupe carrée, et qui est la ministre de la Santé de mon pays, selon le bandeau en bas de l’image, nous apprend qu’elle démissionne de son poste en pleine épidémie mondiale pour se présenter aux élections municipales. Dans l’armée, on appellerait ça une désertion. Et on la fusillerait le lendemain à l’aube…
Je coupe le son. Les images parlent d’elles-mêmes. Et puis je tourne en rond…
Pas la gnaque, aujourd’hui. Petit coup de blues, peut-être même bien. J’ouvre le frigo, histoire sûrement de me rassurer. J’ai besoin d’être rassuré en ce moment. Il est plein à craquer. Beaucoup de yaourts. Et des bières aussi. Me voilà rassuré.
Le téléphone sonne. C’est le voisin. Il s’inquiète. Sa femme tousse. Je lui conseille de faire le 115, ou alors le 112, ou d’essayer un autre numéro au hasard parce que je ne sais plus vraiment quel est le bon. Il s’excuse de m’avoir dérangé. Je lui dis que ce n’est pas grave, au contraire cela m’a fait beaucoup de bien de parler à quelqu’un. Il raccroche.
Et je tourne encore un peu en rond avant de me refoutre devant la téloche. Dehors, il fait beau, mais je n’ai pas du tout envie de sortir. La Ministre est partie. Et les types qui s’entretuaient aussi, alors maintenant on nous donne les derniers chiffres. Ça défile, et me donne un peu le vertige. J’ai des acouphènes aussi, mais là, c’est à cause du stand de tir. On oubliait toujours de mettre les bouchons dans les oreilles, alors aujourd’hui, faut pas non plus s’étonner d’avoir des bourdonnements intempestifs.
Finalement, je me suis assoupi. Devant les chiffres. Preuve que leur effet soporifique est puissant. La nuit est tombée. Déjà. Je n’ai pas vu le temps passer. Et les chiffres sont toujours là, devant moi. Encore plus importants que ce matin. Leurs compteurs s’affolent grave. Je vais me chercher une bière. Et un yaourt aussi.
Le téléphone sonne à nouveau. C’est encore le voisin. Et il s’excuse une nouvelle fois. Sa femme est à l’hôpital. Ils sont venus la chercher tout à l’heure. « Elle aussi, elle l’a chopée cette saloperie, qu’il me dit, et je pourrai même pas aller la voir… Les visites sont interdites… !
Je compatis. C’est bien le minimum que je puisse faire. Et lui propose de venir boire une bière avec moi, cela lui ferait du bien. Il refuse. Ce que je comprends parfaitement. Alors, il raccroche.
Mon yaourt est périmé. Et je repense à l’enterrement de ce matin. Il n’y avait pas grand monde tout de même. C’est encore plus triste un enterrement lorsqu’il n’y a personne. Surtout un dimanche matin…

2 Replies to “Pour qui, cochonne… le gras ?!”

  1. Salut Ernest!
    J’attends un peu avant de mettre un ‘j’aime’ car nous aurions été les premiers avec Harleyte et ma femme est jalouse. J’attends donc d’autres intéressés avant de me prononcer.
    Blague dans le coin j’aime mais il ne faut pas le répéter. Même ma femme va rire… c’est l’essentiel non?

    Aimé par 1 personne

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