Chapitre 29. Sur son trente-et-un.

J-2. St Tropez. Dans les airs, pas très loin de la Villa Mektoub. Même moment…


Boum ! Boum ! Et boum ! Mais bon sang, ça cogne fort là-dedans ! Mon cœur s’emballe… ! Ce léger crochet sur Toulon et la Préfecture du Var, où nous venons de la récupérer, et maintenant notre bel hélicoptère qui fend l’air à pleine turbine en direction du golfe de St Tropez, et me voici la femme la plus heureuse du monde… Gladys est là, près de moi, tout contre moi…

Et drôlement bien pomponnée. Waouh ! Quelle classe elle a, ma jolie Préfète, dans cette élégante petite robe noire en mousseline… Son charme chic agit tout de suite sur moi et je ne résiste pas bien longtemps : allez, hop ! Emballez, c’est pesé ! Une belle roulade de patin devant tout le monde !

Mais attention… quand je dis tout le monde, je parle uniquement du colonel Du Thilleul, sur ma gauche, et de madame Fifignon qui est assise à l’avant de l’appareil, à coté du pilote.

À ce propos, comme je m’y attendais : elle va beaucoup mieux, la Fifignon ! Elle ne trimballe plus sa bouée gonflable, et si j’osai même, je dirai qu’elle nous pète le feu, la Fifi ! Il n’y a vraiment pas à dire ; le nain est un as de première lorsqu’il s’agit de vous remettre quelqu’un d’aplomb ! Par contre, en ce qui concerne Du Thilleul, c’est franchement pas la joie de vivre. J’ai l’impression qu’il suit une très mauvaise pente, le colon. Aussi, comme il me semblait bien trop risqué de le laisser se morfondre tout seul au fort, j’ai insisté pour qu’il nous accompagne ce soir. Et c’est aussi sur mes conseils avisés qu’il a accepté d’abandonner pour la soirée son bel uniforme bien repassé, avec tous les plis réglementaires dans le dos, contre un bermuda et une magnifique chemise hawaïenne que lui a très aimablement prêté Jean-Lain, qui fait la même taille que lui à peu de chose près.

Bien entendu, inutile de vous dire que cela le change beaucoup, notre militaire ! Et, bien qu’il tire toujours autant la gueule, cela lui donne avec sa moustache qui rebique, un petit air bien sympathique de Tom Selleck dans Magnum ! Avant le décollage, j’ai préféré vérifier moi-même qu’il bouclait correctement sa ceinture de sécurité. J’avais un peu la trouille qu’il ne saute en plein vol, le colonel morose… ! Déjà un enterrement de prévu demain, avec celui de la mère Gémiminiani, aussi n’était-ce peut-être pas la peine d’en rajouter !

Au fait… une fois de plus, j’avais encore eu du pif ! Elle adorait le Limoncello, notre picolo, mais n’était pas Corse du tout ! C’est même pire que je ne le pensais : cette impostrice était originaire du Pas-de-Calais ! Comme promis à Jean-Lain, je me suis occupé de tout comme une grande fille, et j’ai fait envoyer son corps –tout mou– à Arras dans un fourgon frigorifique Vivagel. Bien sûr, aux frais de la République. Avec les grosses chaleurs du moment et tous nos vieux de la vieille qui clamsent comme des mouches : il n’y avait plus rien de disponible pour le transport en pompe funèbre classique, alors je me suis débrouillée comme j’ai pu en réquisitionnant ce qui restait… !

Évidemment, je sais bien que ce n’est pas trop conseillé de recongeler un truc déjà congelé, mais il y avait vraiment urgence : elle commençait à se vider d’un peu partout… !

À ma demande, on enverra aussi deux ou trois peigne-culs du Gouvernement en délégation à sa cérémonie funèbre, avec un joli drapeau tricolore de deux par trois à poser sur le cercueil, histoire de marquer quand même le coup, bien que je pense aussi, avis personnel qui vaut ce qu’il vaut, que ce ne soit pas non plus la peine de trop se prendre le chou pour une simple ministre déléguée des droits de la Femme. La mère Gémiminiani, n’était pas notre si charismatique Simone nationale, alors dans une petite quinzaine tout au plus, tout le monde l’aurait complètement oubliée, cette alcoolique.

Pour en revenir à notre soirée : en définitive, le Président n’a pas voulu que toute sa smala vienne chez Gonfarel, et au final nous ne sommes plus qu’une petite demi-douzaine à faire le déplacement. Il avait peut-être jeté un coup d’œil vite fait dans le traité des bonnes manières de Nadine la petite baronne rigolote, et appris ainsi que de débarquer dans une soirée privée accompagné de huit cents personnes n’était pas forcément du meilleur goût… Essentiel d’avoir un minimum de savoir-vivre en société lorsque l’on dirige un grand pays tel que le nôtre…

La baraque au gazier du désert d’Arabie est gigantesque.

Et je pèse volontairement mes mots pour une fois…

D’en haut, on a une très belle vue sur la propriété et son parc de sept hectares. Sur la pistoche aussi, et croyez-moi, c’est très loin d’être un pédiluve ! Pas mal de spots et de loupiotes installées un peu partout. Assurément, le Linky vert anis d’Énédis ne devait pas être souvent à la fête ici ! A lui tout seul, l’arabe, devait nous bouffer la production entière de l’une de nos centrales nucléaires… Par chance, Patrice D’al Longo n’est pas venu avec nous ce soir pour voir ça ( Le pauvret marche maintenant avec des béquilles et a récupéré la bouée de Fifignon… !) sinon il aurait probablement pété un câble, lui qui se démène tant, jour après jour, pour lutter contre le gaspillage énergétique et conserver intact la beauté de ce merveilleux monde qu’est le nôtre…

Et puis, il y a du petit personnel aussi. Et comme prévu ce sont bien des jeunettes lituaniennes qui nous accueillent à notre descente d’hélico, et qui nous proposent sans attendre de grands verres de cocktails exotiques très colorés, avec de jolies ombrelles japonaises plantées dedans et un zeste d’orange amer qui flotte par le dessus. Je ne suis pas sûre qu’elles soient toutes majeures les gamines, mais ce qui est incontestable c’est qu’elles n’ont pas froid aux yeux… !

Ni aux fesses. Elles sont toutes en string ficelle, avec tout de même un petit tablier noir et blanc, assez strict sur le devant.

Seins nus, toutefois.

Nous comprenons assez vite, tout en remerciant chaleureusement la directive européenne sur les travailleurs détachés, que le thème de la soirée n’est pas le bon goût à la française !

Sous un immense parasol, mode toit en paille, j’aperçois l’ancien Président Gonfarel vautré dans un canapé fluo au beau milieu d’une nuée de donzelles et je propose à Gladys de le lui présenter, elle qui ne l’a encore jamais rencontré en chair et en os.

De loin, il a toujours l’air aussi con. De près, aussi…

 » Oh… ! Madame Goret ! Comme cela me fait plaisir de vous revoir ! Mais, laissez-moi donc vous présenter Suscha, mon amie…  »

C’est vraiment marrant, mais en la voyant pour la première fois sa nouvelle cop’s à Gonfarel, je ne suis pas du tout surprise… Elle est à peu de chose près très exactement comme je m’y attendais : une superbe pouffe de vingt-cinq balais dans toute sa splendeur juvénile !

Bonne âme, j’essaye tout de même de lui trouver un peu de charme, mais ce n’est pas facile, et curieusement je n’ai qu’une seule envie, lui demander si par le plus grand des hasards, ce joli prénom « Suscha » dans sa langue maternelle ne signifierait pas « bouche à pipe » ?! Ce qui serait, n’est-il pas, une coïncidence bien extraordinaire ?!

Toutefois, je me retiens, réalisant qu’il ne serait pas très convenable d’avoir un peu trop d’humour décalé en de telles circonstances mondaines…

« … Enchantée… !

Oui, je sais… ce n’est pas sympa de mentir !

— Alors, comment allez-vous, madame Goret… ?

— … Ça va… ça va ! Enfin disons plutôt que l’on fait aller… ! Vous savez bien ce que c’est, Gonfarel… avec tous ces incapables au Gouvernement ce n’est pas évident tous les jours !

— Oh… madame Goret… madame Goret… ! Vraiment votre insolence me manque beaucoup ! Si vous saviez… depuis que j’ai quitté les affaires, je rigole beaucoup moins !

Mais à mon avis, confirmé par les lèvres gonflées comm’ac de sa poupée russe, il devait par contre se faire pomper le poireau plus souvent…

— Tenez, Gonfarel… à mon tour de vous présenter ma fiancée… mademoiselle Gladys Von der Froofroome !

Il la regarde, interloqué, comme si elle venait de débarquer de la planète Mars, ou bien encore d’Éthiopie septentrionale, que peu de personnes savent exactement où cela se situe…

— Elle est passionnée par les tortues… !

Et là, je crois bien que je lui porte le coup de grâce, au petit père Gonfarel ! Cet abruti ne sait plus quoi dire, alors j’embraye aussi sec…

— Et votre petite Suscha… ? C’est quoi son truc, à elle ?!

— …Moi… ?! J’adorrre les huîtrrrres !

C’est pas vrai… ?! Voilà donc qu’elle cause not’ langue maternelle, la bimbo lituanienne ?! Et en plus de ça, elle a de la répartie ! J’sais pas si j’vais pas l’aimer en fin de compte, cette petite chatte à son gros pépère !

—… Les huîtres… ?! Ouah… ! Mais dites, c’est drôlement bien ça !

—… Oui… et la queue aussi !

—… Ah… tiens… ?!

—… Oui, Suscha bien aimer aussi la queue… lan… gousss… ssste… ! C’est bien comme cela que vous dire en français ?! Oh, oui… bien aimer aussi ! Mais torrrtue… moi jamais encorrre mangé la torrrtue, madame Gorrrette !

Hé ben, ça y est ! Voilà que je la kiffe pour de bon, la p’tite slave avec son drôle de bec d’ornithorynque !

À ce moment, je ne sais trop pourquoi… je me retourne… Et surprise, devinez donc qui c’est qui qui nous arrive… ?! Tout de go, et franco de port ?! Et je vous le donne en mille, Émile !

Hé, ben… oui ! Bingo ! Gagné le gros lot ! La Josyane !

Et, toujours fidéle à son image, et notamment lorsque le dress-code l’exige formellement comme ce soir, elle s’est fringuée tout en transparence l’icône nationale… D’ailleurs plus transparent, je ne pense pas que tu trouves sur le marché de la loque. Même chez Tati, rue Barbés, au rayon « Reines du macadam »… C’est bien simple ; on croirait presque de la moustiquaire, son machin moulant !

Mais ce soir, étonnamment, elle a enfilé une petite culotte notre première Dame de France… et que l’on distingue très bien !

Mais pas de soutif.

Disons que cela fait la balance. Quoi qu’à bien y réfléchir, l’expression soit totalement inappropriée chez elle, vu que ses gros nichons sont en plastique et que ça ne balance pas du tout ! C’est même bien raide derrière la toile à mosquitos !

Gonfarel, en arrêt cardio-respiratoire depuis l’apparition de la madone à gros tétons, reprend peu à peu ses esprits…

— Josyane… ma petite Josyane…! Oh, là, là…! Vous êtes vraiment toute en beauté ce soir ! Mon dieu… mais vous êtes de plus en plus belle, ma chère ! »

Je profite alors, assez lâchement, de cet instant magique entre tous où la vulgarité frise l’indécence, pour tirer Gladys par le bras et lui glisser à l’oreille :  » Viens, ma chérie, on se tire dans un coin plus tranquille… j’ai tout un tas de choses à te raconter… ! »

Et je l’entraine sur-le-champ vers un endroit plus isolé de l’autre coté de la piscine aux dimensions olympiques. Au passage nous acceptons une coupette de roteux que nous propose une pulpeuse hôtesse.

En tout cas, il n’y a pas à dire : il y a vraiment du beau monde à cette soirée, et si d’en haut la bicoque ressemble au château de Cendrillon ou bien de la Belle au bois dormant, vue d’en bas c’est plutôt la Casa Nostra du grand méchant loup ! Il est de notoriété publique que notre bon ami Gonfarel, comme tellement d’autres politicars de son espèce, a trempouillé et trempouille encore dans quelques affaires plus ou moins nettes, pour ne pas dire carrément louches, mais ce soir, j’ai l’impression qu’ici tout le gratin de la pègre mondiale s’est donné rendez-vous…

Des véreux en tous genre donc, mais aussi du People à foison, et pas mal d’artistes de variété bien connus, sachant que l’un n’empêche pas l’autre me direz-vous peut-être avec une certaine pertinence qui n’appelle pas à la contradiction…

Quelques rappeurs notamment.

Je ne suis pas vraiment fane de leur zique, mais j’en reconnais tout de même quelques uns dans la masse chamarrée et grouillante… Faut avouer qu’avec eux c’est toujours relativement facile de ne pas se tromper… Manteau de fourrure de bête, bonnet en laine, une casquette et la capuche du sweet par dessus le tout ! Celui-là –qui se fait appeller « le Skunks » sur scène (ou le Furet peut-être, je ne sais plus…)– un tantinet frileux, a même rajouté une énorme paire de lunettes de ski ! Et sans oublier les breloques et les gri-gris… Bagouzes monstrueuses, gourmettes sur-dimensionnées et amas de colliers scintillants de mille feux à vous en faire exploser un à un ces précieux cônes tapis tout au fond de vos rétines ! Tandis qu’à leurs cotés, leurs gonzesses blondes comme le blé qu’ils ont amassé en banque en braillant toutes leurs poésies insalubres dans un microphone, se trémoussent frénétiquement en skimpy short dorés et ras la touffe…

« Hey, frêrot… ! Zy’va donc comprendre le Rap, toi… ?! »

On a touché le fond depuis longtemps mais ils continuent quand même à creuser, ces cons !

Beaucoup de sportifs également…

Des pelles de fouteux, dont la courte saison de championnat doit être terminée, aux coiffures structurées, ou plutôt destructurées, mais c’est selon le point de vue ou bien parfois la distance d’où l’on se trouve, de beaux gosses à la peau toujours bien bronzée et recouverte de tatoo plus ridicules les uns que les autres, accompagnés, eux aussi, d’une dinde de service généralement pas très farouche, qui vous fait « bling-bling » dès qu’on lui appuie un peu fort sur le percing du nombril…

Chemin faisant, nous croisons aussi un célèbre tennisman sur terre battue d’avance, avec un bras vraiment beaucoup plus gros que l’autre, puis, un peu plus loin, un champion de formule one avec un cou de taureau et des mollets de coq, qui taille le bout de gras avec un ancien coureur cycliste recyclé ( c’est bien le cas de le dire ! ) dans la vente de pendules de salon en toc, qu’il essaye de refourguer à des qui seraient encore plus con que lui, ce qui, très honnêtement et même avec pas mal de recul et un brin de compassion, reste une sacrée gageure !

Youpi, alors ! C’est notre Président qui va être content : va pouvoir faire son petit marché bien tranquillement, le pépère, dans cette véritable cour des miracles s’il envisage un prochain remaniement ministériel !

Attendez… ! Bougez pas, les amis… ! Le plus beau reste encore à venir… !

« Hey ! Mais c’est ma belle Mado à moi ! Alors, tu viens plus chez l’oncle Charly ! Lui, c’est Franky Pine ( prononcez Païne, à l’english…).

Nom d’artiste, choisi après s’être certainement beaucoup creusé le ciboulot.

Monsieur Pine est animateur à la télé. Le plus grand, le plus fort, et le plus drôle aussi, et donc forcément le plus adulé de tous nos animateurs du petit écran… Ah oui… et « Oncle Charly », c’est un club. Un club libertin, comme le Sphinx, mais en plus classieux tout de même car la moquette en velours y est beaucoup plus épaisse.

— Ben, non… plus l’temps, la Couille !

Je sais pertinemment qu’il n’aime pas du tout lorsqu’on l’appelle comme ça, surtout en public. Pourtant, c’est bien l’exacte vérité : il n’en a qu’une de glande qui lui pendouille entre les pattes, le Franky ! L’autre ne serait jamais descendue dans sa petite sacoche à ce qui paraîtrait.

Notre Franky a débuté comme chanteur de variétés dans les années soixante-dix. Années bénies entre toutes de la chanson populaire, où l’on n’était pas trop regardant sur la qualité des vocalises, et où l’on se sapait pattes d’éph et flamboyantes chemises col « pelle à tartes ». Puis, monsieur s’est reconverti tout doucement dans l’animation télévisuelle. En conservant toutefois quelques uns de ses costumes de scène d’époque.

Il a pondu des bouquins aussi. Pas uniquement sur son orpheline et les moyens de s’en servir, mais rassurez-vous : il en parle beaucoup quand même ! Et les gens aiment ça : il en vend des tonnes de sa littérature, que l’on retrouve systématiquement en tête de gondole à la Fna’que, temple s’il en est bien un de la culture beaufulaire.

J’avoue qu’une fois j’en ai lu un, moi aussi, de ses chefs-d’œuvre au Franky. Pur voyeurisme de ma part, ou plutôt vilaine curiosité malsaine, un peu comme lorsqu’on ralentit sur une route nationale verglacée pour mieux voir des bagnoles enchevêtrées et encore fumantes, et qui sait avec un peu de chance, apercevoir un joli macchabée agonisant dans une mare de sang…

« Moi, je déconne pas avec le salami ! » pour titre, l’ouvrage. Et cela donnait déjà envie de se plonger dedans, non ?! Tout à la fin de son bouquin, page cinquante-quatre, en épilogue et concluant en beauté crescendo, il nous assène, grand philosophe de la vie qu’il est maintenant devenu notre Franky en prenant de la bouteille : « Plus les années passent et… plus j’me dis que ça passe vraiment trop vite ! »

 » C’est que du jus de pomme… ! T’inquiète pas ! me précise notre animateur-écrivain, en désignant le verre qu’il tient à la main. Comme il raconte à tout le monde qu’il a cessé de picoler, il doit se sentir obligé. Sa tronche couperosée et bien enflée de partout nous raconte malheureusement toujours un peu l’inverse à chaque fois qu’on le croise.

J’écourte la discussion. Je me connais trop bien : je pourrais vite devenir désagréable… !

— Mon pauvre Franky… arrête donc ton cinoche ! Tout le monde sait bien qu’il n’y a pas un jour de la semaine où tu n’es pas torché comme un coing ! Et puis tiens… que tu bandes plus, aussi !

Il reste, tout pensif, comme un gland qui ne va pas tarder à tomber de l’arbre au début de l’automne et se faire bouffer tout cru par un sanglier de passage. Et nous, on s’avance avec Gladys.

« Mais, qu’est-ce que tu as donc de si important à me dire… ?!

— Tu vas être contente… je te l’avais promis… hé bien… ça y est… ! J’ai fait le nécessaire pour nos tortues !

—Nos tortues… ?!

— Oui, nos ! Bon sang, c’est aussi un peu les miennes maintenant, non ?!

— … Oui… bien sûr…

— Alors, voilà… c’est bon, que je te dis… tout est réglé !

— Réglé… ? Comment ça… ?! Mais qu’est-ce que tu as obtenu… ?

— Tout ! Et même plus, je crois bien ! Tu vas voir…on va les sauver ces sacrées bestioles !

Elle doute, ma Gladys. Si, je le vois bien qu’elle doute… aussi, je lui raconte en détail mon entrevue avec Patrice D’al Longo… et elle rigole cette fois, surtout lorsque vient le moment de lui parler de notre futur drapeau national avec l’une de ces adorables petites bêbêtes à carapace dessinée en plein milieu.

Et elle est encore plus belle quand elle rit, ma Gladys…

— T’es rudement gonflée tout de même ! Oh, je t’aime, tu sais…

— …Moi aussi, Gladys… j’t’aime !

Ces yeux pétillent de bonheur. Et les miens, sûrement aussi. Alors, vite, on se serre fort toutes les deux… très fort… Et on s’embrasse, fort aussi, encore plus passionnément que ce matin… N’allions-nous pas finir par avoir des bleus sur tout le corps si l’on continuait comme cela… ?! C’est pas faux ce qu’on dit : le bonheur fait un peu mal parfois… !

— Bon, attends un peu… j’ai autre chose à te dire… ou plutôt à te demander… Cette fois, je prends un air beaucoup plus sérieux…

— Voilà… j’ai décidé de partir !

— Partir…?! Mais comment ça partir… ?! Tu m’abandonnes déjà ?!

— Mais bien sûr que non ! Au contraire… on va partir ensemble ! Enfin si tu acceptes… mais je suis persuadée que tu vas dire oui ! Tu dois dire oui, Gladys !

— …Partir ?! Moi… avec toi… ?!

— Oui, toi avec moi ! On va s’acheter une maison ! Une belle maison… rien que pour nous… et pour mon Balou aussi !

— Une maison… ?

— Oui, une très grande maison, et à Turtle island… !

— Turtle island… ?! C’est une blague… ?! Allez arrête, s’il te plaît ! Ce n’est vraiment pas sympa de me faire marcher comme ça !

— Mais non ce n’est pas une blague ! C’est aux iles Fidji ! Dans le Pacifique sud ! Si je te le dis qu’on va vraiment partir toutes les deux… faut vraiment me croire Gladys !

— Mais…

— Quoi ?! Tu ne trouves pas toi aussi qu’il y en a marre maintenant de cette vie que nous menons toutes les deux ?! Et puis surtout ne t’inquiète pas pour l’argent… ! J’ai tout prévu ! On va pouvoir se la couler douce !

— … T’as héritée… ?!

Là, c’est bibi qui rit aux éclats !

— Non… pas exactement… disons plutôt que j’ai eu une très grosse rentrée d’argent ces derniers jours… un petit placement en bourse qui m’a bien rapporté, vois-tu…

2 Replies to “Chapitre 29. Sur son trente-et-un.”

  1. Tous ces joeux personnages vont se retrouver pour la petite sauterie de Gonfarel et ça promet !
    Entre un président belliqueux qui est accompagné par une partie de son gouvernement d’incapables et de leurs épouses respectives, entre nos deux joyeux drilles du camping qui sont en pleine mission et entre Gonfarel qui semble côtoyer du monde pas très net et peu fréquentable, on risque d’assister à une sacré partouze car ces gens ont l’air plus porté sur la fesse et la fête que sur les affaires sérieuses.
    Reste savoir si nos deux héros en mission top secret vont parvenir à empêcher le président au bouton facile à laisser les Chinois tranquille.
    Une suite qui promet ….

    Aimé par 1 personne

    1. Les personnages prennent leurs marques… Le lecteur (trice), celui ou celle en tout cas qui n’a pas encore refermé le livre par ennui ou peut-être déçu par le style, comprend que tout peut encore arriver dans ce roman… et il a raison ! Accrochez-vous !

      Aimé par 1 personne

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