Ya tebia lyublyu* !

 » Mais, qu’est-ce tu fous là ? Je te cherche partout… !
— … Rien… je rangeais un peu…
— Tu ranges ?!
— Oui, parfaitement, je range ! Notre cave est un véritable bordel… comment peut-on vivre avec une cave aussi mal rangée… ?!
Elle me regarde du haut des escaliers. Une toile d’araignée pend juste au dessus de sa tête. La loupiote du plafonnier se met à grésiller. Elle est belle, ma femme, en robe de chambre.
— Pendant que tu y es, tu devrais peut-être aussi jeter un coup d’œil à l’électricité… ! Et puis, tiens… on vient d’apporter ça, pour toi…
Elle me tend un petit paquet. Je remonte les quelques marches qui nous séparent.
— C’est quoi, ce truc ?! De l’iodure de… de…
— de potassium !
— Oui, c’est ça ! De potassium… ! Mais que comptes-tu donc faire avec tous ces comprimés ?
— … C’est pour nos bonzaïs… ! Ça devrait leur filer un coup de fouet ! Je l’ai lu dans le télé Z de la semaine dernière… tu sais, à la fin, dans la rubrique « Jardinage »… !
Je lui prends délicatement le paquet des mains. Tout à coup, la porte derrière elle claque, sûrement à cause du courant d’air. Et puis, la lumière s’éteint. Dans l’obscurité, je remonte encore d’une marche et passe un bras autour de sa taille.
— Je t’aime, tu sais…
— Oui, je sais… moi aussi, mon chéri…
Le sol, alors, sous nous, vibre…

  • Ya tebya lyublyu : Je t’aime (russe).

Texte et photographie Ernest Salgrenn. Février 2022. Tous droits réservés.

Coup de pouce.

Souvenez-vous… il y a quelques mois de cela, je vous invitais à découvrir le blog d’un jeune et talentueux auteur : un certain Monsieur Jourd’humeur. Depuis, il a fait son petit bonhomme de chemin sur la voie du succès et de la reconnaissance numérique. Et j’en suis fort aise pour lui.

Aujourd’hui, je désirerai vous faire part d’une autre jolie découverte, due au hasard de mes clics désordonnés sur la toile. L’auteur de ce blog se qualifie lui-même de « Vieux singe ». S’il est vrai que l’on n’apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces, cet auteur (car je considère qu’il est un auteur à part entière) nous expose (enfin, m’expose, plutôt, car je suis pour le moment son seul et unique abonné !) sa vision de l’actualité au jour le jour. Et, bon sang, comme c’est bien vu… ! Ses analyses sont toujours très pertinentes. Si sa prose sans fioritures (comme l’habillage de son blog !) peut surprendre au début, monologue un peu triste, désabusement notoire, je lui trouve après plusieurs lectures un charme évident et de belles qualités. Mais, saurez-vous être aussi réceptifs que je le fus, je ne sais pas !

L’animal (vieux singe) ne recherche pas la notoriété. Il semblerait même la fuir (paradoxe du blogueur ?). Toutefois, je vous donne le lien :

Le vieux singe qui solliloque (du soliloque au multiloque sans se déloquer).

https://levieuxsingequisolil.wordpress.com/home/

Merci, mes ami(e)s virtuel(le)s.

PS : La photographie (Ernest Salgrenn. Tous droits réservés) est un petit clin d’œil à Mr. Akimismo…

À la Saint-Glinglin.

Hasard de notre calendrier romain, demain, c’est la veille de la saint-Glinglin ! Et comme le dit « sifortapropo » le dicton populaire : « À la saint-Glinglin, n’espère rien, tu l’auras » ! Et cela tombe assez bien car personnellement je n’espère plus rien ! De qui que ce soit d’ailleurs, et surtout pas de cette bande de minables crapoteux, tous ces hommes (et ces quelques femmes) politiques, campagne présidentielle française en cours oblige, ceux-là même qui nous gonflent le mou à longueur de journée et depuis des semaines maintenant, monopolisant sans vergogne et tambours battants, nos ondes radiophoniques et télévisuelles. Mais arrêtez donc de me prendre pour un con ! Arrêtez, je vous en supplie ! Arrêtez ! Je n’en peux plus… !
J’en ai plein le dos (et je reste poli !) de vos sempiternelles promesses à deux balles, de vos surenchères toutes plus alléchantes les unes que les autres, de vos petites gueules de premiers(res) de la classe qui me font vomir, de vos magouilles merdouilleuses qui vous rapportent toujours un peu plus gros, de vos airs prétentieux lorsque vous nous déclarez, la main sur le cœur, savoir tout sur tout, et tentez, dans la foulée, de nous persuader que vous êtes les seuls(es) à pouvoir faire quelque chose pour sauver de la catastrophe notre cher (!) pays, alors que vous vous en tapez comme de votre première affiche électorale, de votre suffisance d’élite grassement payée, de votre méchanceté, plus ou moins déguisée, parfois, et de votre bêtise souvent, car oui, on peut très bien être complètement idiot et avoir fait de grandes études ! Et pour finir, je le sais aujourd’hui, de tout ce que vous pouvez représentez de plus vil et de plus bas dans l’espèce humaine…
Bande de nazes, que vous êtes ! Pensez-vous donc que je sois encore dupe ? Non, certainement pas ! Et cela fait, de plus, belle lurette que j’ai bien compris toutes vos manigances. Oh, oui, bien longtemps ! Alors, voilà, c’est terminé : je ne tomberai plus jamais dans votre panneau ! Basta, les faux-culs de la politique !
L’essence à deux euros et des poussières ? Oui, c’est cher, madame ! Oui, ça fait mal au porte-feuille ! Mais, c’est à cause des taxes ! Et du prix du baril de pétrole qui augmente ! Et de la reprise de l’économie mondiale qui augmente du coup (comme c’est balot, non ?!) la demande en pétrole ! Le cercle vicieux par excellence, finalement ! Alors, comment s’en sortir de tout cela ? Les Spécialistes (Et, mon Dieu, comme je les adore, eux aussi !) vous diront qu’il n’y a pas vraiment de solution (Et c’est un peu pour ça, que je les adore !) ! Sinon à baisser les taxes, la TVA, et tout le saint-frusquin, qui, lui, n’est pas dans le calendrier ! Ou alors le prix du baril… ? Ou bien que l’économie mondiale se stabilise un peu (en attendant une reprise plus franche et puis qu’ensuite… rebelote !)… ?
Alors, on nous file des bons d’essence de cent euros, par-ci, par là…
Nous faire l’aumône, voilà donc l’ultime solution trouvée par nos grosses têtes au pouvoir… ! De vulgaires bons à cent balles que tout le monde (le contribuable) paiera finalement au bout du compte d’une façon ou d’une autre ! Cool ! Ouais, trop cool, l’arnaque ! Ernest, lui, il appelle ça : la temporisation pré-électorale (ou bien encore : le vaselinage des urnes ! C’est selon son humeur fluctuante)… ! D’autres, des poètes (mais il en faut, aussi), diront peut-être plus joliment : « Ou comment mettre un emplâtre sur une jambe de bois » ! Et si ça, messieurs, dames, ce n’est pas se foutre ouvertement de la gueule des braves gens… c’est que je ne m’y connais plus, moi, le grand spécialiste (!) de ce genre d’exercice !
Et pourtant. Et pourtant, bien entendu, qu’il existe des solutions. Des solutions simples et efficaces. Oui, mais voilà, ces solutions simples et efficaces ne plairont pas à tout le monde. Et surtout pas à ceux qui s’en foutent plein les poches (ou plein les paradis fiscaux) depuis des décennies, profitant de notre crédulité, de notre apathie de moutons, qu’on manipulent et qu’on tond encore plus tous les jours, et puis aussi de notre ignorance du système, un peu quand même, il faut bien l’avouer !
Parfois, (pour reprendre l’expression d’un ami blogueur du Finistère Nord, région qui n’a pas l’attrait merveilleux, à mes yeux, du Finistère Sud) je me demande… oui, je me demande si cela a vraiment un sens de se poser toutes ces questions… à mon âge, de surcroît… ?! Qu’est-ce que j’en ai à fiche, en fin de compte ?! Je ne vais pas tarder à crever, allez, il me reste quoi… ? Dix, quinze, vingt ans peut-être au grand maximum… ? Est-ce bien réellement la peine d’enquiquiner ce si peu d’existence, toute larvée d’angoisse mortifère crescendo, qu’il me reste à vivre, en me prenant ainsi la tête avec toutes ces conneries ?! L’essence qui augmente ? Mais merde, finalement, j’en ai rien à battre, si je réfléchis un peu ! Ce n’est pas mon problème, car les meilleures années, celles où je dois traverser la France pour me rendre à un enterrement (ou disons, peut-être deux), je ne fais même pas cinq mille bornes ! Et encore… je suis certain que je pourrais en faire beaucoup moins s’il le fallait vraiment. En commençant déjà par zapper les enterrements, tiens ! J’enverrai juste une carte avec mes condoléances sincères, affranchie avec un simple timbre éco, il n’y a jamais d’urgence pour des condoléances, surtout que cela ne sert à rien en définitif, les condoléances… Les gens restent toujours dans leur malheur, quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse… et je resterai chez moi… Après tout, ne suis-je pas bien à la maison, dans mon canap’, devant ma télé ?! Du moment qu’il y a du foot de temps en temps, et puis des bières fraîches dans le frigo, je ne demande pas plus, en vérité. Non, pas plus…

Texte et photographie Ernest Salgrenn. Février 2022. Tous droits réservés.

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