Tronche de furoncle.

ATTENTION : Contenu sensible.

Il est tôt. Très tôt, beaucoup trop tôt pour une visite, mais il y a pourtant bel et bien quelqu’un qui tambourine à ma porte…
Je m’approche, prudent, en tout cas autant que peut l’être un quidam ayant pas mal de choses à se reprocher.
 » Ouvre Mac Cöye ! Mais, ouvre donc… c’est moi… Gouinette !
— Gouinette… ?!
Gouinette est une copine. Du genre collante. Une vraie sangsue.
J’ouvre. Elle est toute en cheveux et même pas maquillée…
— Je t’en prie, entre… qu’est-ce qui t’arrive… ?
— Qu’est-ce qui m’arrive ?! Tu me demandes ce qui m’arrive ?! Tiens, regarde plutôt !
Elle se tourne, lève sa jupe et se baisse…
— Tu le vois mon cul… ?!
— …Oui ! Très bien… je le vois très bien !
— Alors, regarde-le encore de plus près… !
Elle écarte ses lobes fessiers ne laissant ainsi aucun doute sur l’origine de son trouble…
— Oh, merde ! C’est quoi ça… ?! Là… ce machin sur ton trou de balle ?!
— Le truc qui fallait pas se choper, Mac Cöye, une belle saloperie, tu peux me croire… ! Allume ta téloche, tu vas vite comprendre le blème !
— J’peux pas… j’ai pas payé la redevance !
— Tu te fous de ma gueule, ou quoi… ?! Allume, que j’te dis !
Nous voilà donc maintenant assis tous les deux sur mon canapé, devant la téloche.
Une image apparait sur l’écran… c’est Buse Zinglin, la Ministre de la Santé…
— Putain ! Monte le son, Mac Cöye ! Tu vois pas qu’elle cause ?!
« Chères concitoyennes, chers concitoyens, l’heure est grave… »
— Tu veux pas un muffin aux œufs ? Sont tout frais, je les ai fais la semaine dernière…
— Non ! Ferme là donc, Mac Cöye !
« … Le bouton d’anus, c’est ainsi que nos spécialistes le nomme… une véritable épidémie qui touche l’Europe entière, et bientôt toute la planète, si nous n’arrivons pas à circoncire rapidement la vague qui touche nos fondements de plein fouet… »
— C’est pas plutôt circonscrire, qu’elle voulait dire… ?!
— Ta gueule, Mac Cöye… ta gueule, s’il te plaît !
« Toujours selon nos spécialistes, tous d’éminents troudeballistes reconnus, et ayant pignon sur rue, la seule parade est le port obligatoire d’une culotte… en attendant le vaccin qui ne saurait tarder, bien sûr… »
— Quoi… ?! Une culotte… ?!
— Ouais… t’as bien entendu, Mac Cöye ! Ils vont nous obliger à porter une culotte, ces cons !
— Tout le temps… ?!
— J’sais pas… écoute encore… elle a pas fini !
« … Devant la pénurie de lingerie qui est à prévoir, nous demanderons à nos entreprises textiles de mettre les bouchées doubles… Et nous vous rappelons qu’une culotte ne doit pas être portée plus de trois jours d’affilée, ceci afin de garantir son efficacité… Dès aujourd’hui, et à notre demande, des contrôles systématiques seront pratiqués par les forces de l’ordre, alors respectons toutes et tous les consignes afin que le bouton d’anus soit vain… cu ! … Merci pour votre attention… Vive la République… Et vive la… »
Je coupe le son. Nous sommes encore sous le choc avec Gouinette. On bouge plus d’un poil. Faut dire que des nouvelles comme celle-là ; c’est quand même pas tous les jours que cela vous tombe sur le rable. Et c’est heureux…
Tout d’un coup, Gouinette se relève… Une larme coule délicatement sur sa joue…
— Tu te rends compte… mettre une culotte… ?! Si on m’avait dit qu’un jour ça arriverait ! Mettre une culotte, Mac Cöye… !