Finement…

Hier, on me voyait pétant le feu dès l’aube. J’innovais, j’inventais, je faisais, comme bien souvent, quelques plans foireux sur la comète.
Aujourd’hui, je traîne les pieds comme jamais.
J’ai l’impression de peser une tonne et plus. Est-ce la gravité terrestre, ou bien celle de la situation présente, je ne sais. Toujours est-il que je n’avance pas.
Dans « confinement« , et amoureux des mots comme moi ; vous l’avez sûrement remarqué aussi, il y a « finement« … Et c’est vrai : l’on nous a finement pris pour des cons ! Si il n’y a plus de gel hydro-alcoolique en stock, pour la vaseline : aucun problème… !
Comme l’écrivait BHL, que je n’apprécie pas plus que cela malgré sa très grande intelligence*, dans la revue « Le Point » (N° 2134, du huit Août 2013, et que j’avais lue à cette époque dans la salle d’attente de mon dentiste (détartrage annuel)) ;
 » …La question, désormais, est posée. Et il faudra bien que l’opinion éclairée d’abord, puis les pouvoirs publics et les tribunaux, y apportent une réponse claire… »
Sûr, mon lapin blanc, à un moment donné, il va bien falloir nous expliquer tout ce cafouillage…
Bon, on tiendra le coup. J’en suis persuadé. Et l’Humanité s’en remettra assez vite. Les Chinois retrouvent déjà des couleurs. Alors, si aujourd’hui, je pèse une tonne et plus, j’ai malgré tout encore de l’espoir. Mais plus de papier toilette… !

  • *Lire, SVP, ma courte (mais brillante) nouvelle intitulée « ELSA » .
  • Note de l’auteur : dans le texte gravé sur la plaque de marbre (photographie illustrant ce texte) : merci de bien lire « maçon » et non « Macron »…

Monsieur Bricolage.

Il est quatre heures. Du matin.

Oui, je sais, c’est un peu tôt pour vous, mais rassurez-vous, pour moi aussi…
Je ne tenais plus, il fallait que je me lève. Encore l’une de ces maudites idées, qui tournent et retournent sans cesse dans mon ciboulot, et qui m’empêchent de dormir correctement.
Cette fois, j’ai imaginé un détournement… Oh, pas d’inquiétude, rien de répréhensible, il ne s’agit que d’un détournement d’objet. Oui, voilà, je vais transformer mon vulgaire aspirateur Rowenta (1500 watts efficaces) en respirateur médical autonome… L’affaire a germée dans mon esprit assez rapidement en entendant, hier soir, le cri d’alarme du ministre de la santé : « Nous allons manquer d’appareils de respiration pour ventiler les malades… alors il faudra bien faire des choix… ! »
Terrible, non ? Faire des choix, on en fait tous les jours bien sûr, et toute sa vie, mais là quand même, il s’agit de patients qui s’étouffent dans leurs mucosités, monsieur le Ministre…
Bref, Je m’y suis mis dare-dare. Et ça fonctionne ! Suffisait d’inverser le sens des tuyaux et de rajouter une membrane anti-retour. Simple comme bonjour finalement…
Hier, on a décidé (enfin) de nous mettre en confinement. Deux jours après nous avoir incités (menacés, j’oserai presque dire… !) d’aller voter en masse dans des agglutinement citoyens qui empestaient le gel hydro-alcoolique, et tout ceci pour la bonne conscience électorale. Il est vrai qu’il est très important d’avoir un bon maire. Mais cherchez un peu l’erreur tout de même… À l’heure des comptes, qui viendra bien un jour prochain, on entendra sûrement une nouvelle fois : « Coupables mais pas responsables ! ». Je le sais, on nous a déjà fait le coup…
Tenez, en parlant d’erreur, hier, il y a un type, un peu relou, qui m’a proposé (par courriel, sur SCRIBAY) d’écrire un texte érotique avec lui : « … Je me permets de vous contacter car je pense que nous avons un intérêt en commun pour la littérature érotique… ». D’où qu’il nous sort ça, lui ? Je n’ai absolument aucun intérêt pour la littérature érotique ! Absolument aucun…
Je lui ai répondu bien sûr. Et en termes bien choisis, et surtout bien léchés comme j’en ai l’habitude.
« Monsieur Du schmol, je fût fort surpris par votre demande. Apprenez donc, et malgré mon immense talent d’écriture qui me permettrait de toute évidence de m’imposer également dans le genre, que la littérature érotique ne m’intéresse pas. Elle ne m’a d’ailleurs jamais intéressée. D’autre part, j’ai en ce moment bien d’autres chattes à fouetter, et ne serait-ce que cette histoire de bricolage qui me turlupine depuis poltron minette. Et croyez- moi bien, sans entrer toutefois dans les détails techniques, que d’enfourner profondément un tuyau trop souple dans une gorge très encombrée, n’est jamais une partie de plaisir. Et même en lubrifiant bien l’extrémité rigide du suceur ad-hoc… Aussi, je ne prendrai pas de gants en latex, ni n’enfilerai des bas de soie, ni même n’utiliserait toutes les nuances d’expression en ma possession, pour vous dire d’aller vous faire lire plus loin !
À bon entendeur, salut !
Bon, je m’y remets, moi… Je vais tenter maintenant de fabriquer du papier toilette maison… À plus les amis, et soignez-vous bien.

Pour qui, cochonne… le gras ?!

Là, je reviens d’un enterrement.
Et si un enterrement n’est jamais une partie de plaisir, il l’est encore moins un dimanche à un horaire aussi matinal. En toute honnêteté, je serais bien resté au plumard un peu plus longtemps.
J’ai, et depuis toujours, un drôle de rapport avec la mort. Mais surtout avec celle des autres, parce qu’en ce qui concerne la mienne, je suis curieusement beaucoup plus serein et détendu. Pour tout dire ; je m’en fous même un peu pour l’instant.
Je crois que le Monde est devenu fou. Fou. Totalement fou. Dingo le Monde…
J’allume ma téloche. Des types se battent à mort dans un supermarché pour un rouleau de PQ… je change de chaîne. Une dame, à la coupe carrée, et qui est la ministre de la Santé de mon pays, selon le bandeau en bas de l’image, nous apprend qu’elle démissionne de son poste en pleine épidémie mondiale pour se présenter aux élections municipales. Dans l’armée, on appellerait ça une désertion. Et on la fusillerait le lendemain à l’aube…
Je coupe le son. Les images parlent d’elles-mêmes. Et puis je tourne en rond…
Pas la gnaque, aujourd’hui. Petit coup de blues, peut-être même bien. J’ouvre le frigo, histoire sûrement de me rassurer. J’ai besoin d’être rassuré en ce moment. Il est plein à craquer. Beaucoup de yaourts. Et des bières aussi. Me voilà rassuré.
Le téléphone sonne. C’est le voisin. Il s’inquiète. Sa femme tousse. Je lui conseille de faire le 115, ou alors le 112, ou d’essayer un autre numéro au hasard parce que je ne sais plus vraiment quel est le bon. Il s’excuse de m’avoir dérangé. Je lui dis que ce n’est pas grave, au contraire cela m’a fait beaucoup de bien de parler à quelqu’un. Il raccroche.
Et je tourne encore un peu en rond avant de me refoutre devant la téloche. Dehors, il fait beau, mais je n’ai pas du tout envie de sortir. La Ministre est partie. Et les types qui s’entretuaient aussi, alors maintenant on nous donne les derniers chiffres. Ça défile, et me donne un peu le vertige. J’ai des acouphènes aussi, mais là, c’est à cause du stand de tir. On oubliait toujours de mettre les bouchons dans les oreilles, alors aujourd’hui, faut pas non plus s’étonner d’avoir des bourdonnements intempestifs.
Finalement, je me suis assoupi. Devant les chiffres. Preuve que leur effet soporifique est puissant. La nuit est tombée. Déjà. Je n’ai pas vu le temps passer. Et les chiffres sont toujours là, devant moi. Encore plus importants que ce matin. Leurs compteurs s’affolent grave. Je vais me chercher une bière. Et un yaourt aussi.
Le téléphone sonne à nouveau. C’est encore le voisin. Et il s’excuse une nouvelle fois. Sa femme est à l’hôpital. Ils sont venus la chercher tout à l’heure. « Elle aussi, elle l’a chopée cette saloperie, qu’il me dit, et je pourrai même pas aller la voir… Les visites sont interdites… !
Je compatis. C’est bien le minimum que je puisse faire. Et lui propose de venir boire une bière avec moi, cela lui ferait du bien. Il refuse. Ce que je comprends parfaitement. Alors, il raccroche.
Mon yaourt est périmé. Et je repense à l’enterrement de ce matin. Il n’y avait pas grand monde tout de même. C’est encore plus triste un enterrement lorsqu’il n’y a personne. Surtout un dimanche matin…

Calcul mental, calculs mentaux, calculs menteurs

Cette nuit je me suis fait un petit calcul.
Pas dans l’uretère, ni biliaire, non, seulement dans ma tête !
Et, comme je n’ai jamais été très fort pour le calcul mental à l’école (on ne va pas revenir là-dessus…), ce matin, dès le réveil, la première chose que je fis, fut de sauter sur une calculette afin de vérifier si je ne m’étais pas trompé…
Hé ben non… ! J’avais raison ! Nous serons tous morts dans 26 jours… !
Et quand je dis tous, c’est bien tous, vous, moi, et même le milliard de petits chinois là-bas à l’autre bout de la planète…
Je m’explique ; avant-hier, on était à 50 décès suite à ce machin qu’on appelle très gentiment coronavirus–alors que c’est une belle saloperie– hier à 100 décès, et ce matin… à 200 … je vois que vous commencez à comprendre où c’est’y que je veux en venir… ! Alors à vos calculettes vous aussi… !
Hé ouais… c’est bien ça… à ce rythme là dans 26 jours on approchera les 6 milliards et demi de macchabés.
Oui, je le sais bien, on est environ 9 milliards… Mais là vous chipotez un peu parce que si vous regardez bien il suffira juste d’une dernière petite demi-journée pour fignoler le travail…
Même pas un mois… et encore ça c’est pour les plus chanceux d’entre nous…
Un peu con je trouve de finir comme ça. En toussant…
Bon… Je vais vous laisser parce que j’ai encore pas mal de trucs à faire si vous voyez ce que je veux dire… Heureux de vous avoir connu…