Wolf. Jim Harrison.

Si, en ce qui concerne la Littérature, il en va comme de tout le reste, il est toujours préférable de débuter par le commencement, il n’est toutefois pas interdit, une fois lu (l’ennuyeux) « L’illiade et l’Odyssée », de brûler des étapes, et de passer directement aux « 100 Histoires extraordinaires » de Pierre Bellemare. C’est ce que j’ai fait.
Pierre Bellemare, je l’ai rencontré une après-midi ensoleillée d’Août. Cela se passait en Corse, sur le port animé de Saint-Florent. Il débarquait à peine de son voilier (un superbe quinze mètres) accompagné de sa femme, Maryse. Vêtu d’un bermuda à fleurs et d’un simple tee-shirt jaune vif, l’homme m’apparut d’emblée comme fort sympathique, et d’ailleurs, nous sympathisâmes très rapidement. J’avais, moi aussi, tant d’histoires plus extraordinaires les unes que les autres à lui raconter… Oui… quoi… ? Je vous demande de m’excuser un petit instant… ma femme me parle… comment ça, je confonds encore ? Ce n’était pas Pierre Bellemare mais plutôt Philippe Gildas ?! Un mètre cinquante, de très grandes oreilles… ? Oui, bon, tout le monde peut se tromper, non ?
Enfin, bref… hier soir, je suis allé voir un film (mi-documentaire en vérité) intéressant sur Jim Harrison, cet immense écrivain américain. Film co-réalisé par François Busnel (celui de la Grande Librairie). François devait être parmi nous, public sous le charme, pour débattre à l’issue de la projection, mais c’était sans compter sur la Covid (oui, 140 000 cas encore pour la journée d’hier ! mais… chut ! ) qui l’obligeait à rester chez lui. Nous eûmes donc droit à un Zoom en direct de son appartement parisien. Pour ceux qui ne connaissent pas Zoom, c’est comme Whatsapp ou Skype. Et pour ceux qui ne connaissent aucun des trois, allez vite vous… renseigner ! Comme on pouvait s’y attendre, de nombreuses questions à son adresse fusèrent rapidement. L’élite de la communauté locale de lecteurs (et trices) semblait s’être donné rendez-vous, tant toutes les questions étaient pointues (« Ne trouvez-vous pas qu’il y a tout de même quelque chose de Jean Giono chez Jim Harrison ? » Et vas-y que je te cite ensuite de longs passages du « Chant du monde »… !). Bien calé dans mon fauteuil rouge, je laissai faire, admiratif de tant de savoir étalé sans retenue. Pour tout vous dire, Jean Giono, je connais un pio, je sais qu’il était de par ici (Manosque, je crois), mais il est vrai qu’en ce qui concerne ce Jim, l’américain, il y a encore deux jours de cela, je n’avais jamais entendu parler de lui ! Comme je vous l’ai appris plus haut, j’ai brulé des étapes !
Puis, François, toussotant de concert avec une bonne moitié de la salle, en vînt à nous causer du roman « Wolf : mémoires fictives ». Il raconte comment Jim Harrison fût contraint, par les producteurs, de remanier (Ô, combien !) le scénario du film qui en définitif n’avait au final plus rien à voir avec son roman initial. Si, ce n’est certes pas un cas isolé, on sait bien que bon nombre d’adaptations cinématographiques hollywoodiennes prennent de grandes libertés avec les histoires originales, cette fois, on dépassa les bornes…
« Wolf » raconte les aventures d’un jeune homme, Swanson, vagabond littéraire, qui abandonne tout pour se consacrer à la recherche d’un loup, s’enfonçant dans une nature de plus en plus sauvage, pour finalement, au terme des quatre cents pages du roman, ne pas en apercevoir la queue d’un… ! Les producteurs (on peut les comprendre, un sou est un sou, ma bonne dame !) voulaient autre chose, de plus commercial, de moins ennuyeux. Aussi, d’un loqueteux, Jim fit un riche éditeur New-yorkais, des grands espaces à l’infini du Montana, recentra l’action dans Central Park, et du loup invisible, un loup-garou ! C’est là, à cet exposé, que je compris que j’avais peut-être ma carte à jouer pour épater à mon tour, la galerie…
Je levais la main droite, on me fit passer le microphone (contaminé ou pas ?)…
« Bonsoir, François… Ernest Salgrenn, écrivain… ma question est la suivante… je dois vous dire que j’ai rencontré ce loup… celui qui tient le rôle principal dans le film ! d’ailleurs, si je peux apporter une petite précision à ce sujet, il ne s’agissait pas d’un loup, mais d’une louve… (des « Oh ! » et des « Ah ! » dans la salle… ) la rencontre s’est déroulée du côté de Palmer city, dans un coin reculé de l’Alaska, chez son dresseur… mais vous-même, François, lors de vos séjours répétés chez ce Jim Harrison, avez-vous aperçu quelques serpents à sornettes ?!…

Des loups, par chez moi, il en traînent pas mal. Mais, des loqueteux aussi. Et de plus en plus…
La prochaine fois, je vous parlerai à nouveau d’un autre roman de Jim Harrison que je n’ai pas lu.
Oui, je le sais, je choisi trop souvent la facilité !
Salut les copains (et pines), et bien entendu : de bonnes Pâques à vous !

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