Café crème

La volupté éphémère d’un nuage lacté
Et ce goût amer des passions lézardées
Confiote périmée sur tartines déconfites
Toussote et traîne cette vilaine bronchite
La radio nostalgique de bien tristes refrains
le vent des feuilles mortes de mon chagrin
Passent au filtre toutes ces amours dérisoires
où triste funambule sur mon fil du rasoir
Je me noie dès le réveil dans un café crème
Découvrant, las, que plus personne ne m’aime…

Mur

Mur

Le mur en béton du haut de ses six mètres
dictait sa loi.
On le mit à terre avec fracas…
Et sur ses gravats
On a dansé des sarabandes insensées
Sur des airs fous de violoncelle…
Quelle joie !
On a crié : « liberté…Liberté…! »
Et l’écho nous répondait :
« Berliner…liner…liner…! »
Alors Unissons-nous,
et des deux cotés,
Marteaux et burins dans chaque main,
Démolissons une fois pour toutes,
Tous ces vilains murs en parpaings
qui nous veulent tant de mal…

NdA : Je hais les bétonnières !

Cette nuit encore…

Elle veille, épie, surveille
Chaque nuit dans mon sommeil
Rôdeuse macabre qui sans bruit
Donne encore plus de sens à ma vie
On la devine, tapie dans l’ombre
Qui sans pitié, de remords ne s’encombre
Mon souffle, ma vie entre ses mains
Attends toujours patiente, jusqu’au matin
Que j’ouvre les yeux, et lui dise enfin
— Bonjour la mort et à demain… !

Bonne nuit à tous …! et à demain…peut-être…!

Dans les brumes matinales

Dans les brumes matinales d’un vil et insipide azur
Montent sourdes et furieuses les clameurs
« A mort…à mort ! A mort l’usurpateur ! »
Un homme, seul et bâillonné, sur le bûcher incandescent
pleure ses dernières larmes sur son triste tourment
car toutes les cloches, et ce glas, qui résonnent
annoncent à l’unisson cette fin en somme
de la culture, du savoir et de l’instruction
Tandis qu’à l’horizon, derrière les tours noires de Bab el Lion
Sur de sombres destriers endimanchés, ses bourreaux abscons
chevaliers servants et vaillants, et bien souvent aussi très…bons…
s’éloignent déjà, rejoignant de bien lointaines contrées
et de vastes royaumes encore inexplorés de la médiocrité…

Texte écrit pour remettre les pendules à l’heure…A vos montres !

Si la poésie était une arme…

Ah si la poésie était une arme…
Je vous lancerais des piques qui piquent
je distribuerais aussi des claques qui claquent
et puis de beaux estocs qui choquent…Et toc !
Ah si la poésie était une arme…
Je vous tiendrais alors par la barbichette
Et nom de Dieu ce que cela serait chouette !
Ou peut-être bien par la peau du cul…
mais seulement si j’avais un peu trop bu !